Ça a commencé par un rêve
Pendant des années, je fixais la montagne, paralysée par son immensité. Ma terquedad mexicaine murmurait, mais mes doutes chuchotaient plus fort. Je me sentais prisonnière d’un « un jour » qui n’arrivait jamais. Puis, j’ai compris : la montagne ne se gravit pas en un bond. Elle se gravit un pas à la fois.
Et à chaque pas, on s’améliore.
Mon premier pas ? Admettre mes défis. La langue française, que j’apprends encore. Un esprit TDAH, plein de créativité mais désordonné. Au lieu de les combattre, j’ai appris à les utiliser. Chaque conversation en français est un pas. Chaque idée désordonnée est une piste à organiser.
Le rêve initial—un restaurant—était trop loin. Alors, j’ai fait un pas latéral : je deviendrai traiteur sur les marchés. Un pas à la fois.
Mon mantra est devenu : ne pas être parfaite, mais progresser à chaque étape. Hier, je fuyais les appels téléphoniques. Aujourd’hui, je demande des informations. Demain, je parlerai un peu mieux. Ce n’est pas une course ; c’est une progression.
Mes premières victoires concrètes : les formations. En France, pour vendre de la nourriture, il faut le fameux certificat HACCP. Premier objectif. J’ai utilisé mes heures CPF et je me suis lancée. Le cours était en français—un défi de plus. Je n'ai pas tout compris du premier coup, mais j'ai écouté, noté, et demandé. Un pas, puis un autre. À la fin, j’avais mon certificat.
Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Toujours avec cette idée de progresser, j’ai vu plus loin. Et si un jour, je voulais proposer des micheladas ou des margaritas sur mon stand ? J’ai donc enchaîné avec la formation pour le permis d’exploitation (licence de débit de boissons). Encore un cours, encore du vocabulaire technique à maîtriser. Encore un pas. Et aujourd’hui, ces deux certifications sont dans mon dossier. Ce ne sont pas que des papiers ; ce sont des preuves. La preuve que l’on peut avancer, couche par couche, compétence par compétence, en s’améliorant à chaque nouvelle étape.
Aujourd’hui, mon plan est fluide, vivant. Il évolue dans un Google Doc, sans cesse ajusté. Chaque liste que je griffonne, chaque recherche, chaque petite décision est un pas de plus. Parfois, je recule d’un pas pour mieux avancer de deux.
Si vous lisez ceci avec un rêve au fond du cœur et une montagne devant vous, souvenez-vous de ceci : ne regardez pas le sommet. Regardez juste le pas suivant. Et faites ce pas un peu mieux qu’hier. La progression, c’est d’ajouter une corde à son arc, un outil à sa boîte, chaque fois que l’on peut.
Le progrès n’est pas une ligne droite. C’est une série de petits pas, parfois hésitants, parfois fermes. L’important n’est pas la vitesse, mais la direction. Un pas, puis un autre. Et à chaque fois, s’améliorer un peu, se préparer un peu plus.
Quel sera votre prochain pas ? Pas le dixième. Juste le suivant. Celui qui vous prépare un peu mieux pour la suite.
P.S. Mon prochain pas à moi ? Démêler les statuts juridiques (auto-entrepreneur, SARL…). Une étape à la fois, avec mes listes pour boussole. Je vous raconterai.